Par Julia Degiacomin, spécialiste aménagement intérieur · Mis à jour mars 2026 · 16 min de lecture
Le paravent est l’un des rares meubles à avoir traversé plus de vingt-cinq siècles sans jamais vraiment disparaître. Né en Chine sous la dynastie Zhou, adopté par le Japon, puis importé en Europe par les grandes routes maritimes du XVIe siècle, il a connu des fortunes diverses — meuble fonctionnel, objet d’art, symbole de raffinement, accessoire de théâtre, icône du design contemporain — avant de s’imposer aujourd’hui comme l’un des éléments décoratifs les plus polyvalents de nos intérieurs.
Ce qui rend cette histoire fascinante, c’est que le paravent n’a jamais été figé. Chaque civilisation l’a réinterprété selon ses besoins, ses matériaux, ses codes esthétiques. Et pourtant, sa structure de base — des panneaux reliés par des charnières, déployés en accordéon — est restée remarquablement stable à travers les siècles. Ce guide retrace cette histoire longue et riche, des premières références écrites chinoises jusqu’aux créations des designers contemporains.
1. Les origines chinoises : le paravent comme objet de contemplation
La première référence écrite au paravent remonte à la fin de la dynastie Zhou, entre le IVe et le IIIe siècle avant Jésus-Christ. Les textes de cette époque décrivent un meuble appelé pingfeng — littéralement “écran contre le vent” — utilisé dans les palais impériaux pour délimiter les espaces cérémoniels et protéger les dignitaires des courants d’air.
Mais dès l’origine, le paravent chinois n’est pas uniquement fonctionnel. Les Chinois le considèrent comme un objet de contemplation, un support d’expression artistique et une source d’inspiration spirituelle. Les premiers pingfeng sont richement décorés de peintures sur soie, de laques incrustées de nacre, de calligraphies poétiques. Les thèmes représentés — montagnes brumeuses, oiseaux en vol, bambous ondoyants — sont directement inspirés de la philosophie taoïste, qui voit dans la nature la manifestation du principe universel.
Sous la dynastie Han (206 av. J.-C. – 220 ap. J.-C.), le paravent devient un objet de prestige incontournable dans les demeures aristocratiques. On le place derrière le siège d’honneur du maître de maison, à la fois pour le protéger des courants d’air et pour symboliser son autorité. La position du paravent dans une pièce codifie les rapports sociaux : plus il est élaboré et central, plus il signale le rang de son propriétaire.
Les dynasties Tang (618-907) et Song (960-1279) marquent l’apogée du paravent chinois classique. Les ateliers impériaux produisent des chefs-d’œuvre de laque sculptée, d’incrustation de pierres semi-précieuses et de peinture sur soie. C’est également sous les Tang que se développe le paravent de coromandel — nommé d’après la côte de Coromandel en Inde, par laquelle ces objets transitaient vers l’Europe des siècles plus tard — caractérisé par ses décors gravés dans la laque noire et rehaussés de couleurs vives.
2. Le Japon et la naissance du paravent décoratif
Le Japon adopte le paravent à partir du VIe siècle, dans le sillage des nombreux emprunts culturels faits à la Chine. Mais les Japonais ne se contentent pas d’imiter : ils réinventent complètement l’objet, lui donnant une légèreté et une délicatesse que le modèle chinois ne possédait pas.
Deux types de paravents dominent l’esthétique japonaise. Le fusuma est un panneau coulissant, tendu de papier ou de tissu, qui sert à diviser les espaces intérieurs des maisons traditionnelles. Ce n’est pas à proprement parler un paravent pliant — c’est une cloison mobile — mais il répond à la même logique de modularité et d’espace. Le byobu, lui, est le vrai paravent japonais : son nom signifie littéralement “protection contre le vent”, et il se compose de plusieurs panneaux reliés par des charnières en tissu, qui se déploient en accordéon.
La différence fondamentale avec le paravent chinois tient dans l’esthétique. Là où le paravent chinois est souvent monumental, chargé, opulent, le byobu japonais cultive la légèreté, le dépouillement, l’espace vide. Les grands maîtres de la peinture japonaise — Sesshu, Sotatsu, Korin — ont créé des byobu d’une beauté saisissante, jouant sur le fond or des feuilles métalliques pour faire surgir des paysages, des scènes de cour ou des motifs végétaux avec une économie de moyens remarquable.
Dans les maisons japonaises, le paravent remplit des fonctions très précises selon son emplacement. Placé à l’entrée, le byobu sert à se prémunir contre les mauvais esprits — qui, selon la croyance populaire, ne peuvent se déplacer qu’en ligne droite et se trouvent donc bloqués par l’obstacle. Dans les chambres, il crée des zones d’intimité dans des espaces ouverts. Dans les temples et les palais, il délimite les espaces cérémoniels et signale la présence des personnages importants.
Le paravent japonais influence profondément l’art occidental à partir du XVIIe siècle, notamment à travers la vague du japonisme qui touche les artistes et décorateurs européens à la fin du XIXe siècle. Van Gogh, Monet, les frères Goncourt — tous sont fascinés par cette esthétique du vide et de la légèreté que le byobu incarne parfaitement.
3. Le Moyen Âge européen : un meuble avant tout fonctionnel
En Europe, le paravent se développe de façon indépendante, en réponse à des besoins pratiques très différents de ceux qui ont présidé à sa naissance en Asie. Au Moyen Âge, les grandes salles des châteaux et des manoirs sont des espaces immenses, mal chauffés, parcourus de courants d’air permanents. Le paravent — appelé “écran” ou “garde-feu” selon ses usages — sert d’abord à se protéger du froid et des souffles indésirables.
Les cheminées médiévales, gigantesques et peu efficaces, rayonnent une chaleur intense sur les personnes qui se tiennent immédiatement devant elles, tout en laissant le reste de la pièce glacial. Le paravent-écran, placé entre la cheminée et les occupants de la pièce, permet de tempérer ce rayonnement et d’éviter les brûlures aux robes et aux tissus précieux. Il crée également une zone d’intimité dans des espaces collectifs où la vie privée est quasi inexistante.
Les premiers paravents médiévaux européens sont sobres, faits de bois et de cuir ou de tissu tendu. Leur décoration est fonctionnelle autant qu’esthétique — les armoiries d’une famille, un motif héraldique, un scène religieuse brodée. Ils n’ont pas encore la sophistication artistique de leurs contemporains chinois ou japonais, mais ils répondent efficacement aux besoins de leur époque.
4. La rencontre Orient-Occident au XVIe siècle
L’ouverture des routes maritimes vers l’Asie au XVIe siècle — par les Portugais d’abord, puis par les Hollandais, les Anglais et les Français — va transformer radicalement la perception du paravent en Europe. Les marchands qui reviennent des Indes et de Chine rapportent dans leurs cales des paravents de laque, des soieries brodées, des porcelaines — des objets d’une qualité artisanale et d’une sophistication décorative que l’Europe n’a encore jamais vus.
L’engouement est immédiat et massif. Les cours européennes se passionnent pour ce qu’on appelle alors le “goût chinois” ou la chinoiserie — une esthétique qui mélange des éléments réels de l’art asiatique avec des interprétations fantaisistes inventées par des artisans européens qui n’ont jamais mis les pieds en Chine. Les paravents de coromandel, avec leurs décors de laque noire gravée et colorée, deviennent les pièces les plus convoitées des collections princières.
Cette fascination pour l’Orient donne une nouvelle impulsion créative aux artisans européens. Ils commencent à produire leurs propres paravents “à la chinoise” — en cuir gaufré imitant la laque, en tapisserie reproduisant des scènes asiatiques imaginaires, en soie brodée avec des motifs de pagodes et de personnages en robe. Ces imitations, souvent d’une grande qualité technique, constituent à leur tour un chapitre important de l’histoire du paravent européen.
5. Le XVIIe-XVIIIe siècle : l’âge d’or du paravent européen
Le XVIIe siècle marque l’entrée définitive du paravent dans l’aristocratie européenne comme objet de prestige et de décoration. Les grandes manufactures — les Gobelins en France, les ateliers de Venise, les manufactures flamandes — produisent des paravents d’une qualité exceptionnelle, rivalisant avec les meilleurs exemples asiatiques.
En France, sous Louis XIV, le paravent fait partie du mobilier de représentation des grands appartements de Versailles. Il délimite les espaces de réception, crée des zones de conversation intime dans les salons encombrés, et permet aux courtisans de se changer ou de se préparer dans une relative discrétion. Les grands ébénistes du temps — Boulle, Cressent, Riesener — s’y intéressent et produisent des pièces d’un luxe extrême, incrustées de cuivres dorés, de marqueterie et d’écaille.
Le XVIIIe siècle pousse encore plus loin cette logique d’objet de prestige. Le paravent devient un support d’expression artistique à part entière. Les peintres français — Watteau, Boucher, Fragonard — peignent des décors de paravents représentant des scènes galantes, des fêtes champêtres, des allégories mythologiques. Ces œuvres sont aujourd’hui conservées dans les plus grands musées du monde comme témoignages de l’art rococo à son apogée.
C’est également au XVIIIe siècle que le paravent conquiert les boudoirs et les chambres de la haute bourgeoisie, pas seulement de l’aristocratie. Sa démocratisation relative — il reste un objet coûteux, mais plus accessible qu’un siècle auparavant — en fait un élément incontournable de tout intérieur bien meublé. Il sert à s’habiller et se déshabiller, à créer un espace de toilette dans une chambre, à séparer le lit du reste de la pièce.
6. Le XIXe siècle : du meuble à l’œuvre d’art
Jusqu’aux environs de 1880, les paravents intérieurs sont, à quelques exceptions près, produits par des artisans et des artistes anonymes et considérés comme de simples meubles. Le XIXe siècle va changer radicalement cette perception.
Le mouvement Arts and Crafts, né en Angleterre dans les années 1860 sous l’impulsion de William Morris, réhabilite les arts décoratifs comme formes d’expression artistique à part entière. Les paravents deviennent des objets sur lesquels des artistes reconnus acceptent de travailler — une légitimation qui ouvre la voie aux créations du siècle suivant.
Paul Cézanne crée un paravent peint à six panneaux, aujourd’hui considéré comme une pièce majeure de son œuvre décorative. D’autres artistes suivront — Paul Klee réalise des compositions abstraites pour paravent, Marc Chagall crée un dessin produit à des centaines d’exemplaires par lithographie. Le paravent cesse d’être un meuble pour devenir un support d’art, avec tout ce que cela implique en termes de valeur symbolique et marchande.
La vague du japonisme qui déferle sur l’Europe à partir des années 1870 — dans le sillage de l’ouverture du Japon aux échanges commerciaux avec l’Occident — renouvelle profondément l’esthétique du paravent européen. Les artistes découvrent les byobu et les fusuma japonais, leur légèreté, leur rapport à l’espace vide, leur économie de moyens. Cette influence se retrouve dans les paravents de l’Art Nouveau, avec leurs lignes courbes, leurs motifs végétaux stylisés et leur recherche de l’unité entre forme et décor.
7. Le XXe siècle : le paravent dans les avant-gardes artistiques
Le concept architectural du Gesamtkunstwerk — l’œuvre d’art totale, qui intègre architecture, design, arts plastiques et arts décoratifs dans un projet esthétique cohérent — émerge dans les premières décennies du XXe siècle et place le paravent au cœur des débats sur le design d’intérieur.
L’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes, qui se tient à Paris en 1925, est le moment fondateur de ce qui deviendra l’Art Déco. C’est la première foire internationale consacrée aux arts appliqués, et le paravent y occupe une place centrale. Les créateurs qui y exposent — architectes, designers, artisans — le considèrent comme le meuble test par excellence : sa relative simplicité structurelle laisse toute la liberté à l’expression décorative.
Eileen Gray (1879-1976) est la figure la plus emblématique de cette période. Cette designer et architecte irlandaise, installée à Paris, commence sa carrière en créant des paravents laqués d’une beauté et d’une sophistication extraordinaires. Ses œuvres les plus connues — le paravent “Brique” à fond rouge, le paravent aux blocs géométriques noir et blanc — sont aujourd’hui des pièces de collection atteignant des prix records dans les ventes aux enchères. Gray comprend que le paravent est un objet à la charnière de l’architecture et du mobilier, capable de redéfinir l’espace sans le figer.
Jean-Michel Frank (1895-1941), le décorateur parisien des années 20 et 30, crée des paravents en collaboration avec des artistes de premier plan — Diego Giacometti pour les structures en bronze, Salvador Dalí pour les décors peints. Ces créations incarnent parfaitement l’esprit de l’entre-deux-guerres : élégance extrême, dépouillement formel, refus de l’ornement superflu. Frank est encore aujourd’hui une référence incontournable pour les amateurs d’Art Déco.
8. Le paravent dans la culture populaire : théâtre, opéra et cinéma
L’histoire du paravent ne se réduit pas à l’histoire des arts décoratifs. Cet objet a joué un rôle majeur dans la culture populaire — au théâtre, à l’opéra et au cinéma — où sa capacité à cacher et à révéler en a fait un accessoire dramaturgique irremplaçable.
Dans le cadre de la dramaturgie baroque, le paravent est indispensable. Les opéras de Mozart — Le Mariage de Figaro notamment — et de Richard Strauss — Der Rosenkavalier — l’utilisent comme élément central de leurs intrigues amoureuses : des personnages s’y cachent, des rendez-vous s’y organisent, des quiproquos s’y noient. La comédie de mœurs du XVIIIe siècle est littéralement impensable sans le paravent.
Cette tradition dramatique se prolonge au cinéma. Des films muets aux productions hollywoodiennes des années 30 et 40, le paravent apparaît régulièrement comme accessoire des scènes de chambre, de boudoir, de quiproquo. Il signale instantanément un espace intime, une zone de secret, un passage entre deux mondes. Sa présence à l’écran est rarement anodine — elle annonce toujours quelque chose qui va se passer, se révéler, se dénouer.
9. Le paravent contemporain : entre design et fonctionnalité
Aujourd’hui, le paravent connaît un regain d’intérêt à l’échelle internationale. Ce retour n’est pas nostalgique — il répond à des besoins très concrets de nos modes de vie contemporains.
La montée du télétravail a transformé nos appartements en espaces multifonctions où il faut créer des zones de travail dans des pièces de vie. Les petites surfaces urbaines, les studios, les appartements en open space réclament des solutions de séparation flexibles, sans travaux et sans engagement permanent. Le paravent intérieur répond exactement à ces besoins.
Les créateurs contemporains se sont emparés de cet héritage millénaire pour le réinterpréter avec les matériaux et les esthétiques d’aujourd’hui. Le paravent en bois massif — chêne, paulownia, acacia — répond à la demande de matières naturelles et durables. Le paravent japonais contemporain réinterprète le byobu traditionnel avec des matériaux modernes tout en conservant l’esprit zen de l’original. Le paravent en métal laqué s’impose dans les intérieurs industriels et contemporains. Et le paravent extérieur — rétractable, en résine tressée ou en bois traité — répond aux besoins d’intimité et de protection des terrasses et balcons urbains.
Ce qui frappe, dans cette évolution, c’est la continuité profonde avec les usages originels. Vingt-cinq siècles après les premiers pingfeng des palais de la dynastie Zhou, le paravent reste fondamentalement ce qu’il a toujours été : un objet qui crée de l’espace, qui délimite des zones d’intimité, qui cache et révèle, qui embellit et protège. Sa forme a peu changé. Ce qui change, c’est ce qu’on y met — et ce qu’on y cherche.
10. Ce que cette histoire nous dit sur le paravent aujourd’hui
L’histoire du paravent est, en un sens, l’histoire de nos besoins d’intimité et de notre rapport à l’espace. Dans les palais chinois comme dans les appartements contemporains, dans les salons aristocratiques du XVIIIe siècle comme dans les studios parisiens d’aujourd’hui, la question est toujours la même : comment délimiter un espace personnel dans un monde partagé, comment créer de l’intimité sans murs, comment séparer sans exclure ?
Ce qui est fascinant, c’est que la solution imaginée il y a vingt-cinq siècles — des panneaux articulés, déplaçables, repliables — reste la meilleure réponse à cette question. Pas parce que personne n’a trouvé mieux, mais parce que cette solution est fondamentalement juste : elle est flexible, réversible, non destructive. Elle s’adapte à l’espace plutôt que de le contraindre. Elle peut être belle ou sobre, luxueuse ou accessible, traditionnelle ou contemporaine.
Choisir un paravent aujourd’hui, c’est s’inscrire dans cette longue tradition — tout en faisant un choix très concret pour son intérieur. Que vous optiez pour un modèle japonais pour sa légèreté zen, un modèle en bois pour sa chaleur naturelle, ou un paravent de terrasse pour créer un espace intime en extérieur, vous utilisez un objet dont la pertinence a été validée par vingt-cinq siècles d’usage continu.
11. Questions fréquentes sur l’histoire du paravent
Quelle est l’origine du mot “paravent” ?
Le mot “paravent” vient du latin parare ventum — “parer le vent”, c’est-à-dire s’en protéger. Il décrit parfaitement la fonction première de l’objet en Europe médiévale, où il servait avant tout à se protéger des courants d’air dans les grandes salles mal chauffées. Le terme japonais byobu a exactement le même sens : “protection contre le vent”.
Quel est le plus vieux paravent connu ?
Les plus anciens paravents conservés datent de la dynastie Han en Chine (206 av. J.-C. – 220 ap. J.-C.). Des fragments de paravents laqués ont été retrouvés dans des tombes de cette période, notamment à Mawangdui. Les textes mentionnent des paravents encore plus anciens, remontant à la fin de la dynastie Zhou (IVe-IIIe siècle av. J.-C.), mais aucun objet de cette époque n’a survécu.
Comment le paravent est-il arrivé en Europe ?
Le paravent asiatique est arrivé en Europe par les routes commerciales maritimes ouvertes par les Portugais au XVIe siècle. Les marchands rapportaient des paravents de laque chinoise — notamment les célèbres paravents de coromandel — qui suscitèrent un engouement immédiat dans les cours européennes. Dès la fin du XVIIe siècle, les artisans européens produisaient leurs propres imitations.
Quels artistes célèbres ont créé des paravents ?
De nombreux artistes majeurs ont créé des paravents : Paul Cézanne (paravent à six panneaux peints), Paul Klee et Marc Chagall (œuvres sur paravent reproduites en lithographie), Eileen Gray (paravents laqués Art Déco devenus des pièces de collection), Jean-Michel Frank en collaboration avec Salvador Dalí et Diego Giacometti. Plus récemment, des designers comme Charlotte Perriand, Pierre Paulin et Jean Royère ont créé des paravents qui font partie des collections de grands musées.
Quelle est la différence entre un byobu et un fusuma japonais ?
Le byobu est un paravent pliant à plusieurs panneaux, déplaçable et autonome. Le fusuma est un panneau coulissant fixé dans des rainures au sol et au plafond, qui sert de cloison entre deux pièces dans l’architecture japonaise traditionnelle. Le byobu est l’ancêtre direct de nos paravents modernes ; le fusuma est plutôt l’ancêtre de nos cloisons coulissantes.
Le paravent a-t-il une signification symbolique ?
Oui, dans de nombreuses cultures. En Chine, le paravent placé derrière le siège d’honneur symbolise l’autorité et le rang social. Au Japon, le paravent positionné à l’entrée d’une maison est censé bloquer les mauvais esprits. En Europe baroque, le paravent au théâtre symbolise le secret, l’intrigue, la comédie des apparences. Et dans la psychologie contemporaine, le paravent représente le désir universel de créer un espace personnel protégé dans un monde partagé.







